« Le Blog du Directeur »

Mais pourquoi un blog du directeur

Le site internet du BISA méritait un petit coup de jeune, et il fallait bien le rendre « mobile-friendly ». Mais dès nos premières séances de travail, ma pauvre sœur, qui est par ailleurs notre talentueuse webdesigner, s’est heurtée à l’écueil d’intégrer à un site web structuré les divagations d’un drôle de zèbre de directeur qui a la fâcheuse manie de penser un peu en arborescence…

L’idée de me laisser un petit coin de liberté a ainsi germé peu à peu, d’où la création de cette rubrique.

Et me voilà pris de la fameuse angoisse de la page blanche… Mais ne désespérons pas. Au cours des semaines et des mois à venir, j’aurai certainement des coups de cœur, des coups de gueule, peut-être même des coups de blues, qui ne demanderont qu’à être exprimés.

Petite précision utile et nécessaire : le contenu de ce blog n’engage que son auteur.

2504, 2017

La petite histoire de la Balle

L’aventure de « la Balle » a commencé le 4 août 2015, à 07h54. Ce matin-là, je l’avais posée sur son tee, au départ du trou No 1 du golf de l’île d’Oléron. Le soleil était à peine levé, à l’arrière-plan l’océan était magnifique, et à l’horizon, tout petit, pointait le Fort Boyard. Je n’ai pas résisté à immortaliser l’instant, avec cette première photo.

Et ce fut le début d’une manie… Depuis, la Balle m’accompagne presque partout. Et cette manie fut contagieuse, puisque je reçois régulièrement des photos de ses petites sœurs qui voyagent de par le Monde. Les quelques photos qui suivent retracent les pérégrinations de la  Balle au gré des saisons, dans ses balades dans notre beau canton du Valais, en Suisse et ailleurs. C’est la Balle dans tous ses états…

Et si l’envie vous prend de perpétuer l’aventure de la Balle, il y en a toujours à disposition à notre secrétariat…

2403, 2017

Du prix d’ami

« Tu peux me faire un prix d’ami ? »

Quelle question !

Lorsqu’un ami demande une offre à un ami ingénieur, il est probable que ce dernier la calcule au plus juste, avec déjà un rabais qui tienne compte des relations qu’entretiennent le maître d’ouvrage et son mandataire. C’est en tout cas ce que je fais. Pourtant, il n’est pas rare que l’ami vous rappelle et vous lance: « j’ai bien reçu ton offre, tu peux me faire un prix d’ami? ».

A cette question, je m’interroge toujours sur la définition de l’amitié. Selon le Petit Robert, l’amitié est un « sentiment réciproque d’affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur la parenté ni sur l’attrait sexuel ».

Me voilà rassuré, l’ami n’est donc pas attiré sexuellement, je ne devrais donc pas avoir à me prostituer pour être rétribué…

Quelle est alors la définition du « prix d’ami » ? Ma proposition de tarif initial couvrant tout juste le prix de revient de mes collaborateurs, je pourrais en déduire que l’ami en question désire me témoigner son affection en me rétribuant plus généreusement. Le prix d’ami est donc un prix supérieur à celui de mon offre initiale.

Mais je n’oserais jamais fixer moi-même la plus-value de l’amitié dans des relations commerciales…

Décidément, quelle question !

Merci les amis !

307, 2016

Quand le béton touche les coeurs

En vacances en Sicile, j’ai eu le privilège de découvrir, outre les magnifiques paysages, les extraordinaires vestiges des colonies de la Grèce antique et les plages paradisiaques, une œuvre de land art particulièrement saisissante.

Le « Cretto di Burri » est en effet plus qu’un geste purement artistique. L’artiste Alberto Burri à créé entre 1985 et 1989 un mémorial en hommage aux victimes d’un séisme survenu en 1968., qui a totalement détruit, entre autres, le village de Gibellina, que les survivants ont abandonné. Son œuvre, Il Grande Cretto (le grand craquellement), est conçue comme « une œuvre d’art à la mémoire du tremblement de terre et au silence imposé par la mort dans la vallée. » Un exemple monumental de land art, réalisé à partir de blocs de ciment parcourus de ruelles encaissées qui recouvrent et scellent les vestiges du village de Gibellina. L’œuvre s’étale sur le flanc sud sud-est de la montagne selon la forme d’un quadrilatère irrégulier de douze hectares. Dans le ciment ont été tracées de grandes tranchées, de 1 mètre 60 de profondeur et de 2 à 3 mètres de largeur, permettant aux visiteurs de circuler. Elles suivent le tracé des rues de l’ancienne ville, et permettent de restituer l’idée de la cité avant le tremblement de terre.

L’ingénieur spécialisé en béton armé et en génie parasismique que je suis ne pouvait pas rester insensible à ce lieu. Impossible décrire la beauté du lieu et les sentiments qu’il suscite.

 

Mais…

Alberto Burri disait de son œuvre : « Nous avons fait un immense linceul blanc de ce lieu afin qu’il reste un souvenir éternel de cet événement. » Malheureusement, après à peine 30 ans, le béton commence à montrer des signes de vieillesse. Les dalles des blocs, trop élancées, sont sujettes à un fluage important voire à quelques effondrements, les armatures commencent à apparaître en surface, les reprises de bétonnage se fissurent, et j’en passe. Espérons que des travaux de maintenance et de réparation soient entrepris, faute de quoi Gibellina risque bien de connaître un second abandon…